lundi 14 juillet 2014

« Les rois sont nus » ou la lente agonie des partis politiques.



Le sentiment de défiance des Français envers les partis est actuellement tel qu’on peut légitimement se poser la question : les partis politiques servent-ils encore à quelque chose ?
Les partis politiques étaient jadis l’expression de sensibilités sociales, une manière aussi pour « le peuple » de se faire entendre en étant représenté. C’est par eux que transitaient en particulier les aspirations et les revendications de la population. Les élus avaient une légitimité reconnue et cela fonctionnait  quand il était question de grands choix politiques ( République , Monarchie …)   et que l’Etat pouvait redistribuer des richesses.
Avec la mondialisation économique et surtout  financière cette logique traditionnelle est balayée inéluctablement et les partis politiques se retrouvent souvent complètement désemparés, impuissants, comme déconnectés du monde réel.  Ils  en deviennent  transparents, vides de sens et désertés par les forces vives d’un pays. Au mieux ils « communiquent » et assurent un certain spectacle convenu!
Les lieux et forces de décision sont ailleurs !
Que se greffent là-dessus des conflits et des querelles d’égos et d’ambitions personnelles à tout va de certains dirigeants …et voilà la petite musique du « tous pourris». 
La crise actuelle de l’UMP  est surtout celle de quelques leaders qui ne pensent qu’à la prochaine présidentielle, et l’effondrement du Parti Socialiste n’intéresse dans le fond que les députés qui craignent pour leur réélection.
Il y a toujours eu des affaires et des scandales en politique. Ce constat est historique, international, on parlait de transgression. Aujourd’hui, ils sont perçus comme une finalité. Le combat politique n’est pas angélisme. Il n’est mené que par des hommes et par des femmes avec ce qu’ils ont de  limites.
 Faire ce constat  ce n’est pas se résigner, ce n’est pas accepter. C’est  combattre, c’est comme Sisyphe remonter son rocher encore, et encore…parce que sans doute « rien n’est jamais acquis ».
Et puis la crise de confiance envers les politiques est sans doute aussi et surtout une crise de confiance envers les élites, toutes les élites, celles des institutions politiques nationales et internationales, celles des medias, des grandes entreprises, des institutions financières, celles auxquelles  le libéralisme incontrôlé dans sa fuite en avant donne le pouvoir.
Les fossés ne sont pas seulement entre politique et non-politique, mais entre citoyens, ceux  qui voyagent en classe économique ou qui restent au sol et ceux qui voyagent en classe Affaires, en Hôtels de Luxe aux frais des sociétés qui les emploient , qui vivent dans des quartiers privés et protégés…
 Dans le fond il y a le proche « celui auquel je peux m’adresser » et l’éloigné « celui à qui je ne peux pas m’adresser ».
S’ajoutent à cela les jugements négatifs portés  sur les résultats des politiques menées, les sentiments des citoyens que leurs conditions matérielles d’existence ne s’améliorent pas, voire empirent, à tort ou à raison…Le manque de courage aussi, les promesses, les comportements démagogiques de certains  responsable !
Pour autant une démocratie sans partis politiques paraît être une aberration et la démocratie directe une utopie dangereuse. 
On sait que toute démocratie  repose sur 3 pôles incontournables.
- L’Etat avec toutes ses structures au service de l’intérêt général
- Les medias
-Les lieux, les moments et les structures de représentations des citoyens. Et le parti politique est l’une de ces structures.
Il s’agira rien que moins que  de réinventer des partis permettant à la population de formuler des choix, de renouveler ses élites, de décider de son destin, indépendamment des lobbies. Un parti politique est tout le contraire d’un lobby.
Cela passera par une refondation de la politique et suppose de profondes transformations. Il est évident pour moi que les partis politiques actuels ne sont plus adaptés à la société et à l’économie  actuelles quand on constate que la plupart des décisions sont prises hors du contexte national. Il s’agira par exemple de créer des formations politiques élargies aux autres pays ou d’imaginer des formules plus novatrices encore. Le pluralisme au niveau national n’est à l’évidence plus pertinent.
Le chantier est immense. Il est primordial.

DR.


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