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mardi 20 janvier 2015

Laïcité


Nous avons tous été choqués et profondément  meurtris par les actions terroristes qui viennent de  frapper notre pays.

 Et il a été réjouissant de voir se dresser  face à l'ignoble un élan fondateur, comme la renaissance d'un Espoir collectif auquel beaucoup ne voulaient plus croire. 
Notre République est restée debout et de quelle manière ! Elle a su  faire face, en masse, comme jamais et de façon exemplaire pour elle-même et aux yeux du Monde, pour dire autour de ses dirigeants, de ses forces vives, intellectuelles, politiques, religieuses, professionnelles, associatives et individuelles … de quel bois elle était faite.    

A Guebwiller ce sont plus de 1000 personnes qui se sont retrouvées pour un rassemblement citoyen d'une dignité et d'une détermination forte et paisible. Exemplaire.
La municipalité ayant finalement appelé à la manifestation de 15 heures après avoir fort opportunément, après quelques interventions quand même, renoncé à « la sienne » qu'il avait  initialement envisagée pour 18 heures. Mais bon.

Je note que depuis quelques jours beaucoup semblent découvrir à côté du principe de la liberté d'expression une autre vertu cardinale de notre République, je veux parler de  la «laïcité», cette spécificité si française inscrite dans notre Constitution et qu'on a souvent du mal à comprendre à l'étranger. En France aussi d'ailleurs parfois.

Tout le monde en parle, tout le monde en prône maintenant plus que jamais la nécessité  pour permettre à chacun de vivre en citoyen librement et harmonieusement avec l'autre  en particulier dans les respect des convictions philosophiques et religieuses. 
On met ainsi en avant plus que jamais la nécessité d'un civisme citoyen laïc. On évoque le rôle et la place de l'Ecole, le renforcement du service citoyen pour tous les jeunes, on préconise toute les initiative de la plus discrète à la plus spectaculaire donnant du sens à notre République par une formation et une adhésion citoyennes… Toute initiative étant en la matière la bienvenue. 

Alors j'ai du mal à comprendre que nos élus guebwillerois qui assistaient pourtant  au rassemblement républicain, laïc et citoyen du dimanche 11 janvier dernier, aient pu en même temps faire disparaître de la porte d'entrée du hall d'accueil de la Mairie l'affichette « La République se vit à visage découvert » et aussi quelques semaines plus tard supprimer la possibilité de célébrer des «parrainages civils ou républicains» à la Mairie.
Deux initiatives pourtant bien destinées à promouvoir la réflexion et l'engagement citoyens.

 Or à bien y réfléchir cette double suppression n'est-elle pas une forme  d'atteinte à la laïcité et à travers elle à la République laïque, à «la gueuse», dictée peu ou prou par un cléricalisme latent et revanchard. Celui qui confond la laïcité avec l'athéisme, la laïcité avec l'anti-cléricalisme, la laïcité avec le combat contre les Eglises et les religions. 
 «La France est catholique, la République est laïque» affirment  ainsi les  traditionalistes de CIVITAS. En sommes nous bien loin en l'occurrence ?

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J'étais l'autre jour à la FNAC de Colmar où j'aime fureter quand je vais dans cette ville. Sur le présentoir de l'entrée mettant en évidence les ventes du moment figurait à côté du « dernier  Houellebecq »   le « Traité sur la Tolérance » de Voltaire. Allez 2 euros histoire de relire un texte lu il y a bien longtemps !
La  caissière me sourit, me regarde et me dit : «Celui-là il faudrait l'offrir à chaque Français ! »
Sourire en retour. « Merci Madame » !


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mardi 2 septembre 2014

Rentrée des classes


Je fais aujourd'hui ma première rentrée des classes en tant que papa. Il n’est jamais trop tard pour s'enrichir d'une nouvelle expérience ! Celle-là est marquante, pour moi comme pour des milliers de parents et de familles dans tout le pays. 

Une rentrée des classes c'est pour chacun, tout au fond de lui une petite musique, une petite « madeleine »  qui l'a nourri, qui l'a construit, qui lui a donné des repères. Elle participe aussi de la cohésion nationale, intimement.

 Oh des rentrées j'en ai faites ! Il y a longtemps en tant qu'élève, plus récemment en tant qu'élu. Je ne sais pas laquelle a été la plus forte. Chacune a toujours été en tous cas un temps particulier, mémorable.

Quand je faisais, en tant que maire,  la tournée des écoles de Guebwiller à chaque nouvelle rentrée j'étais toujours ému et  tendrement  amusé de voir la foule des enfants  petits, moyens, plus grands - et de leurs parents aussi d'ailleurs - visiblement émus et impatients  de nouvelles habitudes à prendre, de nouvelles rencontres à faire, de nouvelles expériences à vivre. Emus comme on peut l'être à l'orée de moments qui construisent et que l'on pressent importants.

Et puis je retrouvais aussi  les cours d'écoles, les lieux, les odeurs  tels que je les avais encore dans ma mémoire, tels que je les revoyais ou tels qu'ils avaient disparu dans la réalité des années écoulées. Avec les images fugaces de certains camarades et  les fortes statures de l'un ou l'autre instituteur marquant...

 La rentrée des classes est d'une certaine manière un rite initiatique. L'Ecole relève pour moi presque du sacré  J'ai la faiblesse de   continuer à penser ,à l'ancienne, que l'essentiel de sa mission est bien à travers les  apprentissages  dits fondamentaux de transmettre aux enfants le sens de l’évolution humaine vers un idéal de justice. « Donner aux enfants le sens du perpétuel mouvement humain » comme l'avait dit Jaurès.
La fonction de l’Ecole est une fonction émancipatrice. Elle doit être une école de l’espérance qui permette aux enfants d’ « arriver à entrevoir, au- dessus de l’ordre social présent la possibilité d’un ordre nouveau». 
L’Ecole doit faire sens.Oui l'Ecole comme notre République est idéologique. Non, elle n'est pas neutre. J'en suis intimement persuadé. Et c'est très bien ainsi pour notre pays.

La réforme des rythmes scolaires est une réforme nécessaire. Voilà au moins 50 ans qu'on en parle et qu'on sait ce qu'il en est des rythmes des enfants et de ceux de l'Ecole. Le gouvernement a le courage politique de vouloir rattraper la décision néfaste de M Darcos sur la semaine de quatre jours et surtout de vouloir aller plus loin que le seul retour au statu quo ante. D'en profiter pour avancer, pour améliorer. 

Les Maires sont normalement sollicités. Une manière pour eux d'être associés et parties prenantes, comme leurs prédécesseurs du temps de la mise en place  de l'Ecole de la République, d' une nouvelle étape forte de sa construction. Un Maire est concerné concrètement et au premier chef par les écoles de sa commune.

Je sais plus que tout autre que cette mise en place n'est pas forcément simple, mais je sais aussi que l'enjeu est de taille. Et qu'on ne vienne pas m'opposer ici des objections financières à la petite semaine. 
Oui la gratuité  pour la mise en place des rythmes scolaires est tout à fait possible pour les finances de notre ville. C'est simplement une question de volonté et de choix politiques.


 Aujourd'hui est un grand jour pour Tom, sa maman et son papa.



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lundi 14 juillet 2014

« Les rois sont nus » ou la lente agonie des partis politiques.



Le sentiment de défiance des Français envers les partis est actuellement tel qu’on peut légitimement se poser la question : les partis politiques servent-ils encore à quelque chose ?
Les partis politiques étaient jadis l’expression de sensibilités sociales, une manière aussi pour « le peuple » de se faire entendre en étant représenté. C’est par eux que transitaient en particulier les aspirations et les revendications de la population. Les élus avaient une légitimité reconnue et cela fonctionnait  quand il était question de grands choix politiques ( République , Monarchie …)   et que l’Etat pouvait redistribuer des richesses.
Avec la mondialisation économique et surtout  financière cette logique traditionnelle est balayée inéluctablement et les partis politiques se retrouvent souvent complètement désemparés, impuissants, comme déconnectés du monde réel.  Ils  en deviennent  transparents, vides de sens et désertés par les forces vives d’un pays. Au mieux ils « communiquent » et assurent un certain spectacle convenu!
Les lieux et forces de décision sont ailleurs !
Que se greffent là-dessus des conflits et des querelles d’égos et d’ambitions personnelles à tout va de certains dirigeants …et voilà la petite musique du « tous pourris». 
La crise actuelle de l’UMP  est surtout celle de quelques leaders qui ne pensent qu’à la prochaine présidentielle, et l’effondrement du Parti Socialiste n’intéresse dans le fond que les députés qui craignent pour leur réélection.
Il y a toujours eu des affaires et des scandales en politique. Ce constat est historique, international, on parlait de transgression. Aujourd’hui, ils sont perçus comme une finalité. Le combat politique n’est pas angélisme. Il n’est mené que par des hommes et par des femmes avec ce qu’ils ont de  limites.
 Faire ce constat  ce n’est pas se résigner, ce n’est pas accepter. C’est  combattre, c’est comme Sisyphe remonter son rocher encore, et encore…parce que sans doute « rien n’est jamais acquis ».
Et puis la crise de confiance envers les politiques est sans doute aussi et surtout une crise de confiance envers les élites, toutes les élites, celles des institutions politiques nationales et internationales, celles des medias, des grandes entreprises, des institutions financières, celles auxquelles  le libéralisme incontrôlé dans sa fuite en avant donne le pouvoir.
Les fossés ne sont pas seulement entre politique et non-politique, mais entre citoyens, ceux  qui voyagent en classe économique ou qui restent au sol et ceux qui voyagent en classe Affaires, en Hôtels de Luxe aux frais des sociétés qui les emploient , qui vivent dans des quartiers privés et protégés…
 Dans le fond il y a le proche « celui auquel je peux m’adresser » et l’éloigné « celui à qui je ne peux pas m’adresser ».
S’ajoutent à cela les jugements négatifs portés  sur les résultats des politiques menées, les sentiments des citoyens que leurs conditions matérielles d’existence ne s’améliorent pas, voire empirent, à tort ou à raison…Le manque de courage aussi, les promesses, les comportements démagogiques de certains  responsable !
Pour autant une démocratie sans partis politiques paraît être une aberration et la démocratie directe une utopie dangereuse. 
On sait que toute démocratie  repose sur 3 pôles incontournables.
- L’Etat avec toutes ses structures au service de l’intérêt général
- Les medias
-Les lieux, les moments et les structures de représentations des citoyens. Et le parti politique est l’une de ces structures.
Il s’agira rien que moins que  de réinventer des partis permettant à la population de formuler des choix, de renouveler ses élites, de décider de son destin, indépendamment des lobbies. Un parti politique est tout le contraire d’un lobby.
Cela passera par une refondation de la politique et suppose de profondes transformations. Il est évident pour moi que les partis politiques actuels ne sont plus adaptés à la société et à l’économie  actuelles quand on constate que la plupart des décisions sont prises hors du contexte national. Il s’agira par exemple de créer des formations politiques élargies aux autres pays ou d’imaginer des formules plus novatrices encore. Le pluralisme au niveau national n’est à l’évidence plus pertinent.
Le chantier est immense. Il est primordial.

DR.


dimanche 29 juin 2014

Cuisines électorales


Je découvre dans la presse la présentation de la liste de JM BOCKEL pour les élections sénatoriales. Je vois que notre maire y figure en troisième position.

Deux réflexions me viennent immédiatement à l’esprit.

- M KLEITZ est élu depuis à peine 3 mois qu’il se présente déjà à une autre élection. Or n’avait-il pas dit et écrit urbi et orbi qu’il entendait se consacrer entièrement à sa ville ? C’était donc encore une simple promesse électorale n’engageant que les crédules ?

Il est vrai que le non cumul des mandats n’est pas la priorité de l’UMP parti auquel  M KLEITZ a adhéré le 25 novembre 2013 en le dissimulant soigneusement, tout au long de sa campagne et même après, en se présentant de façon constante comme « sans étiquette ». Poussant même l’impudence de  publier une « mise au point » vertueuse suite  à un article dans lequel le journaliste parlait du « maire UMP de Guebwiller». 

Pourquoi M KLEITZ se dissimule-t-il donc ainsi ? Par  banale ruse politicienne érigée en système ou a-t-il donc tellement honte d’afficher son appartenance à l’UMP ? Il est vrai que depuis l’affaire Bygmalion …
D’ailleurs l’appartenance à un parti politique est-elle encore d’actualité ? J’aurais l’occasion d’en dire quelques mots à l’occasion.

Quoiqu’il en soit il est clair que pour M KLEITZ Guebwiller n’est pas une priorité et ne l’a jamais été. S’il en fallait une preuve de plus elle est bien là.

- Je n’oublie pas non plus Mme DEHESTRU qui avait fait de l’entrisme auprès de l’UDI nationale en passant par-dessus les instances locales pour obtenir l’investiture parisienne du parti pour les municipales et qui paraît  sur ce coup-là  curieusement hors-jeu. A moins que …
Quant  à Mr BOCKEL dont les revirements et la cuisine électorale sont de notoriété publique …


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mardi 3 juin 2014

Fermeture de la sous préfecture


Je viens de recevoir comme tout un chacun un tract format A3 de la COMCOM appelant à une manifestation en faveur du maintien de la sous préfecture à Guebwiller.

Quand on y regarde bien cette manifestation « Oui à la réforme, non à la fermeture de Guebwiller » est d'abord une mobilisation pour dénoncer la méthode du fait accompli de l’État.
Ainsi Marc Jung dans une récente édition de l'Alsace : « Nous ne nous insurgeons pas contre la réforme des services de l’État, qui est une nécessité. Nous dénonçons un projet qui a été mené sans concertation ni analyses objectives ». « Les élus n’ont à aucun moment été consultés. C’est inacceptable ! » poursuit-il.

Les préfectures et les sous préfectures font partie du paysage historique de notre République. Imaginé par Napoléon pour assurer la présence de l'Etat dans tout le pays, le réseau des sous préfecture a été rendu particulièrement dense dans notre région du temps du Reichlsland, on comprend bien pourquoi.

Il est normal que l'Etat gère ses structures en fonction des ses analyses politiques, de ses priorités, de la recherche d'une bonne gestion de ses personnels, des services qu'il entend rendre aux populations. On peut aussi comprendre que l'ensemble puisse également évoluer en fonction des évolutions technologiques et sociétales. Ainsi les nouveaux moyens de communication, de déplacements, les nombreux services pouvant être rendus via internet, la redéfinition des compétences et attributions entre les différents niveaux, départements, régions, national…
Que l'on cherche aussi à adapter au mieux les moyens aux besoins n'est que nécessaire souci de bonne et saine gestion.

Clairement dit qu'il n'y ait plus qu'un sous préfet pour les arrondissements de Guebwiller et de Thann ne me choque pas outre mesure. Que les services de l’État disparaissent par contre totalement de Guebwiller serait absolument inadmissible. J'ai bien compris qu'il ne s'agit pas de cela et que le Ministère de l'Intérieur envisage le maintien d'une présence de l’État à Guebwiller sous la forme d'une antenne de la préfecture.

C'est la définition des nouvelles vocations, de l'ampleur et des caractéristiques de cette nouvelle structure administrative de l’État qui doivent être expliqués voire négociés avec les élus qui sont des gens raisonnables et capables de comprendre ! Il s'agira de donner du sens à ce nouveau service de proximité de l'État pour la population et les élus. 

Il est vrai que l’État a en cette affaire sans doute été quelque peu cavalier et que sa tendance habituelle est encore trop souvent de décider à Paris pour appliquer en province.
J'en sais quelque chose sur l'un ou l'autre dossier. Je pense en particulier à celui de la fermeture du commissariat qui m'a quand même permis de faire entendre ma voix en me rendant au Ministère de l'Intérieur et négocier le principe d'une brigade autonome de gendarmerie de 28 militaires ouverte 7/7 jours et 365 jours par an. A la satisfaction générale. Et ce n'était aucunement acquis d'avance. Preuve en est qu'un élu local motivé peut arriver à infléchir des décisions simplement techniques et arithmétiques.

Par les temps qui courent pouvons-nous encore avoir une grande sous-préfecture ? La réponse coule de source.
Alors Thann ou Guebwiller ? Je plaiderai naturellement pour Guebwiller comme résidence du sous -préfet avec quoi qu'il arrive des services administratifs pertinents accessibles au public.
La marge de manœuvre et de négociations des élus est sans doute étroite mais elle existe.


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